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Soirée de lancement de La Taupe Médite !

Jeudi 20 octobre 2016, La Taupe Médite organisait sa soirée de lancement, suite à la campagne de financement participatif menée sur Ulule !

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Nous étions une vingtaine, réunis au bistrot Le 54, autour de la Taupe. Une soirée très sympathique arrosée d’un délicieux punch !

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La soirée a également été l’occasion d’écrire un cadavre exquis géant… jeu d’écriture collective à l’aveugle qui va si bien à la Taupe.

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Voici la création :

La Taupe arboricole avisait de son regard perçant les proies qui se tenaient sous les frondaisons. « A qui, pensait la Taupe, à qui pourrais-je bien extorquer un article ou un auteur ? » La Taupe, on l’aura compris, s’ennuyait dans son morne et souterrain séjour. Pas le moindre petit morceau de pavé ou d’in-folio à se mettre sous les bésicles. Ce prédateur d’un genre nouveau cherchait à alimenter sa bibliothèque. Un naturaliste, contemplant cet étrange animal, aurait aussitôt cherché à étudier les causes de cet appétit de lecture. Soudain, rajustant ses lunettes, elle vit une horde de lutins barbus (petits mais sexy) qui s’approchèrent afin de caresser délicatement les poils de ses orteils. C’est alors qu’ils décidèrent de rentrer dans l’appartement pour s’occuper de leurs plantes vertes. Une fois l’arrosage terminé, ils prirent la décision d’écrire un article. L’un comme l’autre manquaient d’imagination. C’était la première fois qu’ils écrivaient ensemble. Maudite, maudite, la Taupe ne cessait de marmonner ce mot ! La pipe avait disparu et ses lecteurs seraient furieux… Comment la retrouver ? Qui l’avait subtilisée ? Il fallait faire appel à un fin limier !… Et là, BIM ! « Incroyable », qu’on se dit dans un moment pareil… L’épiphanie, quoi. Il fallait donc se mettre au travail… Mais comment se mettre au travail lorsqu’une Taupe médite. Médite sur des méditations métaphysiques ? Elle a beau creuser, le sol est impénétrable. Pourtant, le vendeur lui avait assuré que c’était un sol de très bonne qualité. Le genre de sol que l’on présente à ses parents et que l’on poste sur son mur Facebook. Mais là, rien à faire, elle n’a pu entamer la surface, sa pelle gît, inutilisable. Et la voilà en retard. Et elle déteste être en retard. Il va lui falloir un tractopelle. Elle fit donc de nombreux kilomètres dans toutes les directions. Elle se perdit de nombreuses fois, mais par bonheur la chance finit par lui sourire. Il était là, seul, comme abandonné au milieu de cette grande clairière verdoyante. Sa grosse pelle jaune toute dressée vers le ciel, ses grosses roues noires, sa cabine aux vitres si propres et pures, ses gros boutons et leviers pour faire « tûûût tûûût », « pouêt pouêt », « cric crac » et « vroum vroum ». Elle regarda à droite, puis à gauche. Personne. Elle se mit alors à courir, pénétra dans la cabine, tourna la clef du contact ; le moteur se mit à rugir, propulsant le monstre d’acier dans la forêt environnante. Elle se sentit alors libre et heureuse. Et là elle pensa : « Putain, c’est l’occasion de faire un casse ». Au volant de son tractopelle, elle partit donc en quête d’une banque à dévaliser. C’est alors qu’elle la vit dans sa splendide robe de satin pourpre brodée de brillants. Mais, horreur ! Le victomte de la Barre lui bloquait le passage ; son sourire sarcastique la défiait ; c’était le moment qu’il attendait et qu’elle ne pouvait plus repousser. La Taupe rassembla son courage à deux mains et dégaina de la droite l’épée de son père. Elle se fendit aussitôt mais le coup fut paré par l’habile vicomte qui riposta par un feinte suivie d’une attaque en quarte, parée elle aussi, par une sixte de la Taupe qui envoya au noble infâme une tierce puis une quinte et une autre tierce, mineure celle-ci. L’ignoble de la Barre rendit un son disgracieux pour s’effondrer enfin, percé au pectoral. la Taupe, vengée après tant d’années, délivra la marmotte et toutes deux rentrèrent au château pour vivre heureuses et avoir beaucoup d’enfants.
FIN.

ENCORE UN IMMENSE MERCI A TOUS !!!

Jamais trois sans deux : quand la trilogie devient dyptique

Les aléas de la recherche : on s’attend à trouver quelque chose, et parfois, on ne trouve rien. D’autres fois, on trouve bel et bien, mais pas tout à fait ce que l’on escomptait…

Les bibliographies de Michel Zévaco indiquent de manière unanime que sa première série romanesque s’intitule Le Royaume de Minuit et comporte trois romans, publiés entre 1890 et 1891. Ceux-ci s’intitulent respectivement L’Ombre FataleLe Train Rouge et Le Roi de Minuit.

Le premier volume, L’Ombre Fatale, est prêt à sortir aux éditions La Taupe Médite. C’est aussi le tout premier volume à paraître chez la Taupe, et la Taupe en était très fière. Mais la Taupe a eu une surprise, car il s’avère que Le Royaume de Minuit n’est en pas une trilogie, mais bien un diptyque.
Explications : exhumé aujourd’hui même, le troisième roman de la série, Le Roi de Minuit, n’est en fait que la réédition, à la virgule près, du premier, L’Ombre Fatale. Seuls changent le titre, le journal et le nom de l’auteur.

Cette découverte est à la fois déceptive et fascinante : la Taupe se doit d’annoncer qu’elle ne publiera pas la trilogie attendue, mais bien un diptyque, et en outre cet imprévu va retarder légèrement l’impression des volumes de L’Ombre Fatale, qu’il faut adapter à ce nouvel état des choses. Mais se trouve du même coup ouverte une nouvelle enquête, sur ce pseudonyme de Pierre de Mayran, qu’utilise Zévaco entre août et octobre 1891, pour publier ce roman déjà sorti un an auparavant… Elémentaire, mon cher.

OF:RM

Appel à contributions : le Jeu

Appel à propositions d’articles, pour le 15 septembre 2016

Le Pardaillan, la revue du Centre International Michel Zévaco, poursuit son exploration du champ médiatique. Son n°2 se concentre sur un thème problématique, à la fois large et précis : le jeu. Défini comme activité divertissante et désintéressée (mais qu’en est-il réellement de ce désintéressement ?), dont le déroulement peut être ou non soumis à des règles, le jeu noue nombre de questionnements, portant aussi bien sur la narration, la représentation, la participation, la fiction…

Pourquoi continue-t-on sans cesse à inventer de nouveaux jeux ? A partir de quand peut-on dire qu’un jeu est populaire, et qu’une oeuvre littéraire qui s’inspire des principes du jeu est considérée comme paralittéraire ? Une vie suffit-elle pour maîtriser un jeu comme le tennis, le bridge, ou World of Warcraft ? Quelle est la part du jeu dans des constructions artistiques comme les contraintes oulipiennes ou les réalisations de l’Oubapo, ou encore dans la posture du lecteur de polars en série ? Quels mécanismes sont à l’oeuvre dans les transferts transmédiatiques qui font passer de l’escape game virtuel à l’escape room bien réelle, et souvent inspirée d’un univers fictionnel bien précis ? Comment se construit un film adapté d’un manga, lui-même basé sur un principe vidéoludique, comme Edge of Tomorrow ? Comment le paradoxal jeu vidéo There is no game parvient-il à fournir une expérience de jeu malgré l’absence affichée de tout mécanisme de jeu ? Comment un jeu comme Spec Obs : The Line parvient-il à questionner les réflexes conditionnés du gamer endurci ? Que fait un youtuber qui filme un let’s play intégral d’un jeu ?

C’est ce genre de question que Le Pardaillan aimerait aborder à l’occasion de ce numéro qui s’appuie sur les games studies, de plus en plus répandues en France, mais sans se restreindre au champ ludique et vidéoludique. Il s’agit d’apporter un éclairage transmédiatique sur cette question du jeu, avec tout le jeu, justement, c’est-à-dire avec toute l’amplitude qu’elle sous-entend : les contributions pourront porter sur l’ensemble du champ culturel et médiatique, de la littérature à la musique, en passant bien sûr par le jeu vidéo, le jeu de société, de rôle et de plateforme, mais aussi le cinéma, la BD, le spectacle vivant, la chanson, internet, etc. Seront particulièrement bienvenues les contributions portant sur les mécaniques du jeu, sur les représentations et les réflexes du joueur, ainsi que celles qui interrogeront les transferts médiatiques.

Les propositions de contribution, d’une longueur de 500 à 1000 mots environ, sont à adresser à luce.roudier [@] gmail.com pour le 15 septembre 2016 au plus tard. Si la proposition est retenue, l’auteur sera informé avant le 20 septembre, et l’article sera demandé pour le 1er mars 2017. La parution est prévue pour mars-avril 2017.