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Jamais trois sans deux : quand la trilogie devient dyptique

Les aléas de la recherche : on s’attend à trouver quelque chose, et parfois, on ne trouve rien. D’autres fois, on trouve bel et bien, mais pas tout à fait ce que l’on escomptait…

Les bibliographies de Michel Zévaco indiquent de manière unanime que sa première série romanesque s’intitule Le Royaume de Minuit et comporte trois romans, publiés entre 1890 et 1891. Ceux-ci s’intitulent respectivement L’Ombre FataleLe Train Rouge et Le Roi de Minuit.

Le premier volume, L’Ombre Fatale, est prêt à sortir aux éditions La Taupe Médite. C’est aussi le tout premier volume à paraître chez la Taupe, et la Taupe en était très fière. Mais la Taupe a eu une surprise, car il s’avère que Le Royaume de Minuit n’est en pas une trilogie, mais bien un diptyque.
Explications : exhumé aujourd’hui même, le troisième roman de la série, Le Roi de Minuit, n’est en fait que la réédition, à la virgule près, du premier, L’Ombre Fatale. Seuls changent le titre, le journal et le nom de l’auteur.

Cette découverte est à la fois déceptive et fascinante : la Taupe se doit d’annoncer qu’elle ne publiera pas la trilogie attendue, mais bien un diptyque, et en outre cet imprévu va retarder légèrement l’impression des volumes de L’Ombre Fatale, qu’il faut adapter à ce nouvel état des choses. Mais se trouve du même coup ouverte une nouvelle enquête, sur ce pseudonyme de Pierre de Mayran, qu’utilise Zévaco entre août et octobre 1891, pour publier ce roman déjà sorti un an auparavant… Elémentaire, mon cher.

OF:RM

Appel à contributions : le Jeu

Appel à propositions d’articles, pour le 15 septembre 2016

Le Pardaillan, la revue du Centre International Michel Zévaco, poursuit son exploration du champ médiatique. Son n°2 se concentre sur un thème problématique, à la fois large et précis : le jeu. Défini comme activité divertissante et désintéressée (mais qu’en est-il réellement de ce désintéressement ?), dont le déroulement peut être ou non soumis à des règles, le jeu noue nombre de questionnements, portant aussi bien sur la narration, la représentation, la participation, la fiction…

Pourquoi continue-t-on sans cesse à inventer de nouveaux jeux ? A partir de quand peut-on dire qu’un jeu est populaire, et qu’une oeuvre littéraire qui s’inspire des principes du jeu est considérée comme paralittéraire ? Une vie suffit-elle pour maîtriser un jeu comme le tennis, le bridge, ou World of Warcraft ? Quelle est la part du jeu dans des constructions artistiques comme les contraintes oulipiennes ou les réalisations de l’Oubapo, ou encore dans la posture du lecteur de polars en série ? Quels mécanismes sont à l’oeuvre dans les transferts transmédiatiques qui font passer de l’escape game virtuel à l’escape room bien réelle, et souvent inspirée d’un univers fictionnel bien précis ? Comment se construit un film adapté d’un manga, lui-même basé sur un principe vidéoludique, comme Edge of Tomorrow ? Comment le paradoxal jeu vidéo There is no game parvient-il à fournir une expérience de jeu malgré l’absence affichée de tout mécanisme de jeu ? Comment un jeu comme Spec Obs : The Line parvient-il à questionner les réflexes conditionnés du gamer endurci ? Que fait un youtuber qui filme un let’s play intégral d’un jeu ?

C’est ce genre de question que Le Pardaillan aimerait aborder à l’occasion de ce numéro qui s’appuie sur les games studies, de plus en plus répandues en France, mais sans se restreindre au champ ludique et vidéoludique. Il s’agit d’apporter un éclairage transmédiatique sur cette question du jeu, avec tout le jeu, justement, c’est-à-dire avec toute l’amplitude qu’elle sous-entend : les contributions pourront porter sur l’ensemble du champ culturel et médiatique, de la littérature à la musique, en passant bien sûr par le jeu vidéo, le jeu de société, de rôle et de plateforme, mais aussi le cinéma, la BD, le spectacle vivant, la chanson, internet, etc. Seront particulièrement bienvenues les contributions portant sur les mécaniques du jeu, sur les représentations et les réflexes du joueur, ainsi que celles qui interrogeront les transferts médiatiques.

Les propositions de contribution, d’une longueur de 500 à 1000 mots environ, sont à adresser à luce.roudier [@] gmail.com pour le 15 septembre 2016 au plus tard. Si la proposition est retenue, l’auteur sera informé avant le 20 septembre, et l’article sera demandé pour le 1er mars 2017. La parution est prévue pour mars-avril 2017.